La plupart des séjours linguistiques proposent un hébergement chez l’habitant. Une formule qui pourrait rebuter les élèves les plus timides… Et pourtant, rien de tel que l’immersion pour découvrir un pays et s’améliorer en langue ! Loger chez des inconnus, comment cela se passe-t-il ? Comment s’intégrer ? Voici quelques conseils pour profiter de cette opportunité.

Expert-comptable, Jean-Michel travaille beaucoup avec des partenaires européens. Convaincu de l’importance des langues, il a envoyé tous ses enfants parfaire leur anglais au Royaume-Uni, dont Valentin, qui passe le bac ES cette année. « Résidence étudiante ou famille ? La question de l’hébergement ne s’est pas vraiment posée. On opte systématiquement pour l’hébergement chez l’habitant »

Pourquoi choisir cette formule ? Il faut dire qu’elle présente beaucoup d’avantages. Tout d’abord, loger dans une famille est moins impersonnel que de vivre en résidence, par exemple. Pour les parents, ce n’est pas plus cher et surtout c’est gage de sécurité : il y a des adultes qui attendent votre enfant le soir. « C’est un cadre stable, qui permet aux élèves de travailler tranquillement leurs cours, explique Jean-Michel. On imagine qu’ils seront plus concentrés que s’ils étaient en résidence étudiante, par exemple ».

Un cadre, qui attire également les étudiants et les adultes en formation professionnelle. Irène, la cinquantaine, a ainsi passé 8 semaines à Cambridge l’an passé, pour améliorer son anglais professionnel (CPF). Ce qu’elle a apprécié ? « Me libérer de la logistique du quotidien ! Concrètement, lorsqu’on est à fond dans ses cours, ne faire ni les courses ni les repas est un gain de temps précieux ! En famille, on est comme un coq en pâte… »

Surtout, c’est l’occasion de mettre en pratique ses apprentissages, voire de débloquer un oral mal assuré : « En parlant tous les jours de tout et de rien, du repas, des cours, du beau temps… on acquiert des expressions, des automatismes… C’est moins scolaire », témoigne Valentin.

Cependant, pour un élève un peu timide, mal à l’aise en langue, loger chez des inconnus peut être relativement effrayant. Quoi faire pour que tout se passe bien ?

Ne pas hésiter à parler, au préalable, de ses préférences avec le centre de formation, qui connaît bien les familles. « Régime alimentaire, habitude des animaux, passions… on peut ainsi proposer les familles les plus adaptées », explique Sabine Bonnaud, spécialiste des séjours linguistiques. C’est ainsi qu’Irène, qui pratique l’accordéon en amateur depuis 8 ans, a pu loger chez John et Ethma… une famille de musiciens. Elle a pu y travailler son instrument, mais surtout, son hôtesse l’a emmené jouer avec elle au club de musique irlandaise : « c’était extraordinaire » !

Tissez des liens, par exemple, en prenant contact, en amont, avec la famille d’accueil, via un courrier électronique. Idéal pour rompre la glace, ne pas arriver en terrain inconnu et se sentir comme un ami en visite. Pour faciliter son arrivée, Sabine Bonnaud conseille également ne pas arriver les mains vides, mais avec un petit cadeau, une bouteille de vin, des chocolats… « Offrir une spécialité locale, cela fait toujours plaisir et surtout cela permet d’ouvrir le dialogue avec ses hôtes, de parler d’où l’on vient, de ce que l’on préfère, etc. ».

– Dans cet esprit, participer à la vie quotidienne, tout au long du séjour, est bienvenu. « Rendre service, mettre le couvert, faire son lit avant de partir, laisser la salle de bain propre…  sont autant de petits gestes très appréciés », conseille Sylvie Havard, d’un autre organisme de séjours linguistiques. Même si vous êtes indépendant et disposez de la clef du logement, vous ne serez pas à l’hôtel : pensez à prévenir si vous comptez dîner à l’extérieur ou rater le déjeuner dominical, par exemple. L’idéal ? Suivre le rythme et le mode de vie de la famille qui vous héberge.

S’ouvrir aux différences culturelles. Pour Jean-Michel, c’est un préalable : « Je demande à mes enfants d’être le plus souple possible et de prendre sur eux : dans cette famille, les habitudes y seront forcément différentes de la nôtre ». Car lorsqu’on débarque, tout peut décontenancer : un horaire de dîner (Allemagne), un menu à base de pommes de terre (Irlande), une chambre très peu chauffée (Espagne)… Passer la frontière, c’est vivre différemment… ce qui demande des capacités d’adaptation.

– Bien sûr, vous serez là pour étudier, mais ne vous terrez pas dans votre chambre 24 heures sur 24 et dites oui si l’on vous propose un thé, un barbecue, une visite de la ville, un match de sport… « Vous retiendrez mieux les cours si vous pouvez les mettre en pratique et tout, au quotidien, peut être source d’apprentissage », explique Sylvie Havard. Vous n’osez pas ? Pensez aux photos de famille, aux guides de la région, à la presse… et suivez vos affinités. Valentin, qui suivait l’actualité britannique pour préparer le concours de Science Po, se souvient avoir beaucoup discuté du Brexit , quand Irène a échangé autour de la musique, mais également des bonnes adresses du coin et, de ses études. « Ils m’ont beaucoup encouragé quand j’ai eu envie de baisser les bras, ce fut un soutien précieux ! ».

 

AM.

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