Envoyer son enfant en colonie de vacances peut être l’occasion de le sensibiliser à la défense de l’environnement et la protection de la planète. Exemple de quelques centres qui proposent équipements écologiques, apprentissage de gestes « verts » et activités « nature ».

Cécile a envoyé ses enfants passer cet été deux semaines en poney-club. « Ils ont été enchantés. Mon fils, ce grand amoureux des arbres, n’a fait que de parler des bouleaux, des chênes et des saules-pleureurs du centre. Tandis que ma fille, ce qui lui a plu… ce sont les poneys bien sûr, mais aussi les panneaux solaires permettant de chauffer l’eau de la douche ! Elle nous a même demandé pourquoi nous n’en installerions pas chez nous ? », raconte-t-elle aujourd’hui.

Pour cette famille, qui sensibilise toute l’année ses enfants à l’écologie, via le tri des déchets ou une alimentation bio, « il était naturel, pour les vacances, d’envoyer les enfants dans un centre orienté « développement durable ». Ce sont des valeurs auxquelles nous tenons. »

Alimentation bio ou locale, acheminement en transports en commun, lutte contre le gaspillage… De plus de plus d’équipes sont aujourd’hui convaincues de l’importance de l’environnement.  Parmi elles, celle du Domaine de l’Espérance en Bourgogne, où sont partis ces deux enfants. Depuis quelques années, elle a choisi d’investir dans des équipements écologiques, type panneaux solaires, peintures sans additif chimique, mitigeurs de douche à débit limité… « Nous les installons nous-mêmes, explique Sébastien Bibard, son directeur. Cela nous revient moins cher et permet d’aller au-delà des normes en vigueur. Par exemple, en doublant l’épaisseur des isolants des bâtiments ».

En outre, le poney-club recycle l’eau de pluie, afin de réduire la consommation d’eau des 130 animaux. Et, contre le gaspillage alimentaire, il accueille, chaque printemps, deux jeunes cochons, qui seront nourris, toute la saison, avec les restes des repas des enfants. Une initiative qui plait beaucoup aux petits !

Des autocollants pour rappeler les gestes « verts »

Car les vacances sont l’occasion de sensibiliser les enfants à la protection de la nature, qu’ils y soient ou non initiés à l’école ou à la maison. Le séjour peut être l’occasion de ne pas oublier les bonnes habitudes… ou d’en prendre. Dès leur arrivée au domaine, l’équipe d’animateurs leur présente ainsi les gestes « verts » à réaliser au quotidien : éteindre la lumière en sortant d’une pièce, ne pas rester trop longtemps sous la douche, jeter sa canette dans la bonne poubelle…  Des petits gestes  qui peuvent provoquer un déclic durable. « Car les enfants apprennent en nous imitant, que l’on en soit conscient ou non, confirme Marie Gilbert, docteure en sciences de l’éducation. Ils sont très sensibles à l’exemple ».

Afin que les enfants y pensent, ces petits gestes sont rappelés partout dans le centre, sous la forme d’autocollants, avec la mascotte du club : un âne. Chez Djuringa Juniors, très soucieux également de la nature, la mascotte est un kangourou. « Pour convaincre les enfants, il faut trouver des petites astuces, comme ces autocollants », confirme Damien Déchaud, son responsable, « mais également leur faciliter la tâche, en mettant par exemple des poubelles de recyclage en nombre suffisant. ». Cela paraît tout simple. L’idée : faire en sorte que l’écologie ne soit pas une contrainte, ni une exception, mais qu’elle s’intègre au quotidien, « sans effort ».

Respecter la nature… presque sans effort

L’écologie se retrouve bien sûr également dans la proposition d’activités, avec par exemple des ateliers créatifs autour du recyclage (à partir de bouchons de bouteilles, de cannettes, etc.), des sports peu polluants, comme la moto électrique, ou bien des séjours « tout nature ».

« Apprendre à grimper, à pêcher, à se repérer avec une boussole, à fabriquer une cabane… ce sont des activités toutes simples, mais qui plaisent beaucoup aux citadins », constate Damien Dechaud, qui cite notamment «  les veillées avec des feux de camps et les chamallows fondus. En ville, on n’a pas souvent l’occasion d’en faire. »

Cela va aux petits comme aux grands. L’organisme Viva vacances propose ainsi un camp d’été aux ados, dans l’Yonne. Le principe : dormir une semaine ou deux sous la tente. Mais ce n’est pas Koh-Lanta pour autant : c’est écolo et confortable. « C’est vrai qu’ils ont des toilettes sèches et qu’ils dorment sous toile. Mais ils ont de vrais lits et sont… à quelques mètres seulement du château, où ils peuvent se doucher et recharger leur portable » rassure Bertrand Muller, son directeur.

Ce type de séjour, sans activités « extraordinaires », plait bien. Un signe des temps, peut-être ? « Il suffit de leur proposer une baignade au bord d’un étang, de l’accrobranche ou de l’équitation, pour plaire aux enfants ». Qui, en découvrant les trésors offerts par la nature, vivent alors un véritable dépaysement.

 

AM

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